« Le pardon procure une joie immense et divine »

« Le pardon procure une joie immense et divine »

« Laetare Jerusalem : et conventum facite omnes qui diligitis eam : gaudete cum laetitia, qui in tristitia fuistis : ut exsultetis, et satiemini ab uberibus consolationis vestrae » Is 66, 10.11. L’introït de ce quatrième dimanche du temps de carême année C donne le ton de toute la célébration : Réjouis-toi Jérusalem. Tout comme Jérusalem, la nouvelle Jérusalem qui est le Peuple de Dieu se réjouit parce que la marche vers la Pâques tire vers sa fin et le cœur rempli de joie, elle s’empresse de célébrer le mystère central de sa foi. Elle est aussi en joie parce qu’en se rappelant du passé, elle rend grâce pour les efforts déjà consentis et les grâces reçues. C’est donc cette joie du salut qui est célébrée au cœur de cette liturgie donc chacun des textes en aborde un aspect.

La première lecture tirée du livre de Josué évoque le souvenir joyeux de l’entrée du peuple d’Israël dans la terre promise. Moise le grand prophète arrive à l’entrée de la terre promise mais il ne pourra pas rentrer et c’est son fils spirituel Josué qui prendra sa relève de guide spirituel. Les propos du Seigneur sont lourds de sens : « Aujourd’hui, j’ai enlevé de vous le déshonneur de l’Égypte ». Le souvenir de l’Égypte évoque la désobéissance du peuple mais aussi sa libération. Le peuple est appelé à voir toujours le souvenir de Dieu dont la main puissante est toujours agissante pour ceux qui lui obéissent et marchent selon ses commandements. C’est donc la joie de la délivrance, le passage de la mort à la vie qui est célébrée autour de la célébration liturgique de la Pâques. La première Pâques célébrée dans la terre promise instaure une nouveauté de vie qui implique la responsabilité de tout le peuple. C’est le règne de la créature nouvelle qu’instaure ce nouveau départ avec le Seigneur dans la terre promise.

Cette création nouvelle est donnée au chrétien lors de son Baptême qui rappelle déjà le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. On passe de la joie de la délivrance à la joie de la renaissance spirituelle. Par cette création nouvelle, le chrétien est appelé à vivre de Dieu et à se laisser réconcilier avec lui. Pour y arriver, il est appelé à détruire les nombreux murs qu’il s’est érigé pour empêcher la grâce du Seigneur d’agir en lui. Être ambassadeur du Christ, c’est témoigner de son évangile. Par sa mort et sa résurrection, Jésus établit la passerelle entre Dieu et l’homme. Le pont qui était rompu à cause du péché est rétablit par la force de l’amour. Il n’y a pas de réconciliation sans un cœur miséricordieux qui sait prendre patience, s’humilier et pardonner.

L’évangile de ce quatrième dimanche parle de la parabole de l’enfant prodigue et exalte la joie du pardon et de la réconciliation. On pourrait donner un autre nom à cette parabole sans pour autant dévaluer le contenu et en ce sens, on parlerait de la parabole du père miséricordieux. Le pardon procure une joie immense et divine. Les juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il fait bon accueil aux pécheurs. Mais cette parabole révèle combien de fois Dieu n’est pas fatigué d’attendre et d’offrir le pardon à celui qui est pécheur et qui revient sur ses pas pour demander pardon. Le fils ainé tue son père de son vivant puisqu’il demande la part d’héritage. C’est un parricide, une rupture de lien. Et pourtant le Père était toujours à la porte à guetter le retour de cet enfant. Il réintègre le fils dans en faisant une alliance avec lui par le symbole de l’anneau. C’est la force de pardonner où l’a-t-il trouvé ? Dans son cœur aimant : c’est la force de l’amour qui pardonne en nous. Celui n’aime pas ne peut pas pardonner. Et le fils cadet se rebelle aussi parce que le pardon est accordé à son frère. Le père aussi se réconcilie avec lui en lui montrant que l’Amour accorde à chacun une place irremplaçable et donc il est une richesse inépuisable. Une belle leçon de vie pour nous en ce temps de carême où il nous est demandé de pardonner.

Abbé Clétus BOGNON – Diocèse de Porto-Novo,  vicaire à la Paroisse Notre-Dame de l’Assomption de Vakon (Bénin)

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