Transfiguration du Seigneur et la notre !

Transfiguration du Seigneur et la notre !

Le Carême avance petit à petit, ne nous laissons pas surprendre, soyons attentifs à son déroulement, à ses propositions. Le Carême est fait pur les gens éveillés, curieux de Dieu, des gens qui savent lire et découvrir sa présence. Le Carême est le grand moment de la manifestation de Dieu, comme dans l’Evangile d’aujourd’hui. Suivons le récit de la transfiguration pour entrer dans le mystère de ce Dieu qui se manifeste et qui nous montre son visage.

Nous sommes ici devant l’événement plus beau de la vie de Jésus, événement qui devient une révélation, une manifestation. Jésus laisse entrevoir sa gloire, la gloire qu’il avait auprès du Père avant la création du monde. La transfiguration est une expérience de plénitude de vie et de joie, pour Jésus d’abord, mais aussi pour ceux qui étaient avec lui sur la montagne. Les éléments de la lumière, le visage rayonnant, les habits blancs, claires comme la lumière sont le signes que en Jésus habite la plénitude de la divinité, Jésus n’est pas simplement un prophète, il n’est pas seulement l’envoyé de Dieu, c’est Dieu lui-même qui manifeste dans un visage d’homme sa nature divine. Cette manifestation glorieuse, n’est pas différente d’une autre que Jésus évoque en cette occasion, son visage souffrant, outragé, défiguré de la passion et de la mort. Si la transfiguration révèle le visage de Dieu, la passion révèle le visage d’amour, que Dieu assume, pour nous les pauvres, les souffrants, les marginalisés, les rejetés. Les deux visages ensemble composent le visage de notre Dieu, un Dieu proche, un Dieu Amour.

Dans la transfiguration, son humanité manifeste toute la lumière de Dieu sur la terre et nous anticipe ce qu’il sera après sa résurrection. Ne voyons nous pas dans cette manifestation du Christ, notre destinée à nous tous, nous qui sommes appelés à partager sa gloire, a revêtir ce manteau de lumière, à devenir parfaitement des fils de la lumière. La transfiguration nous montre, dans l’espérance, ce que nous serons après, la vocation de chaque créature, être un reflet du visage de Dieu, être un reflet de sa lumière.

Ouvrons une petite parenthèse : mon visage manifeste-t-il cette lumière ? En regardant les autres, suis-je en mesure de cueillir la lumière qui se dégage de leur visage ? Ai-je le courage de regarder les autres, sincèrement en fixant leur visage, ou devant les autres je baisse mon visage pour cacher quelque chose et ne pas voir la vérité de l’autre et la mienne ?

Rentrons davantage dans le texte : après six jour ………..la transfiguration est le septième jour, cela nous rappelle les temps de la création ; le septième jour, après six jour de travail Dieu se repose, c’est-à-dire Dieu arrive à l’accomplissement de son œuvre. La transfiguration est l’accomplissement de l’œuvre de Dieu, c’est le but de son travail, mais aussi, c’est pour nous l’accomplissement de notre humanité, c’est le signe que la création nouvelle qui émergera un jour, après les douleurs de l’enfantement, comme dit Saint Paul, sera une création resplendissante de lumière, cette lumière qui illumine la nouvelle Jérusalem, quand le soleil et la lune disparaitrons, car l’Agneau sera la vraie lumière. C’est ainsi que nous retrouvons la vocation de l’homme, cella de transfigurer sa vie et tout l’univers à la lumière du visage de Dieu. L’homme est fait pour la lumière.

Ouvrons une petite parenthèse : n’avez-vous pas l’impression que nous sommes en train de nous défigurer (qui est le contraire de transfigurer) ? N’avez-vous pas l’impression que nous sommes en train d’altérer, de corrompre notre monde et notre vie ? Ne voyez-vous pas les signes d’une déformation galopante de notre humanité par la haine, l’intégrisme, les excès de toute part ? Avez-vous l’impression que les ténèbres sont en train de gagner la lumière ?

Pierre, Jacques et Jean sont les témoins privilégiés de la transfiguration, ils le seront aussi le l’Agonie au Gethsémani, une scène qui a beaucoup de choses en commun avec celle-ci. D’une part c’est le visage de Dieu, au Gethsémani, ce sera le visage de l’homme des douleurs, c’est toujours le même visage, nous l’avons déjà dit ! Ils sont sur une haute montagne, c’est bien le rappel du mont Sinaï, la montagne de la loi et la référence à Moisie et à Elie, c’est bien le rappel de la loi et des prophètes qui ont préparé le jour grande et terrible du Seigneur. L’Ancien Testament est une préparation du Nouveau et la clé de lecture de l’Ancien c’est précisément le Christ. La nuée c’est encore le signe de la présence de Dieu, cette nuée de feu qui conduisait le peuple dans le désert ou qui remplissait le Temple de sa gloire. La voix du Père proclame qui est le Fils, le Bien-aimé et nous demande l’attitude exacte qu’il faut avoir envers lui : l’écouter, écouter cette Parole éternelle du Père, écouter le message de l’Evangile comme la révélation de l’amour de Dieu.

Pierre est étonné, il voit que ce moment est beau, il est bouleversé, il ne peut qu’être rempli de cette plénitude de lumière, il dit que c’est beau être spectateur d’une telle situation. Les trois tentes auxquelles il fait allusion ne sont qu’un rappel de l’histoire du salut, la présence de Dieu dans la loi, Dieu par sa loi marche avec le peuple de l’Egypte à la Terre Promise. Les prophètes qui ont été la voix de Dieu, signe de la proximité de Dieu avec le peuple, même dans les moments sombres de son histoire. Et Jésus, présence définitive de Dieu dans l’histoire du monde, celui qui a planté sa tente au milieu de nous.

Le Père est la voix, le Fils est le visage, le Père parle et le Fils exécute cette Parole, car il est lui-même cette Parole prononcée par le Père. C’est la même parole du Baptême. Ce que le Père répète ici, c’est qu’il faut écouter Jésus, la Parole. En écoutant sa Parole, nous devenons comme lui, nous serons transfigurés comme lui.

Ouvrons une parenthèse : notre vie est elle centrée sur l’écoute de Jésus ? Sommes-nous réellement attentifs à sa Parole ? Y-a-t il dans notre vie des moments d’écoute, dans lesquels nous nous mettons en syntonie avec Jésus ? C’est seulement cette écoute progressive qui nous transforme, qui nous transfigure. On pourrait dire ainsi nous serons transfigurés en ce que nous écoutons…Si c’est les bruits de nos bavardages, de nos musiques, si c’est la confusion du monde qui domine en nous, alors nous serons transfigurés en quoi ? Plus on écoute la Parole de Dieu et plus cette parole donne du fruit en nous et notre vie se conforme à la vie de Jésus, pour dire à la fin comme Paul…c’est lui qui vit en moi !

Maintenant après la transfiguration il faut descendre la montagne, il faut retourner à la vie de tous les jours, il faut reprendre les chemins tortueux et souvent douloureux de notre histoire, mais avec une certitude, en écoutant Jésus nous verrons la gloire, en suivant Jésus nous vivrons dans la lumière fulgurante de la résurrection. Ce temps de Carême n’est il pas un temps de transfiguration, d’écoute et de lumière ?

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