THEME DE REFLEXION SUR LA CONVERSION

THEME DE REFLEXION SUR LA CONVERSION

INTRODUCTION

« Se convertir… A quelles conditions ??? »

Chers paroissiens, en ce Saint Temps de Carême, je vous propose ce thème qui est une mise en garde pour nous tous. Il y a le contexte extérieur (le monde qui nous entoure), mais aussi le monde intérieur où chacun d’entre nous est appelée à entamer un véritable processus de conversion. Quelle est ma façon de me convertir, à quel niveau précis suis-je dans ma conversion ? Face à l’ennemi du monde extérieur, comment je m’y prends pour être un bon chrétien ?

Nous avons tous et chacun, plusieurs aspirations, quête de ceci, quête de cela ; nous cherchons toujours à acquérir ; nous venons chacun avec son modèle de personne, son modèle de jeune, d’homme et de femme. Au-delà de la diversité de nos aspirations, de nos modèles de personnes, modèles de disciples, puisque nous sommes des disciples, et de nos moyens de combats, aujourd’hui, il nous est proposé la conversion. C’est un mot lourd de valeur qui engage tout notre être, toute notre personne, nos actions, toute notre vie. La meilleure intention et la bonne volonté ne suffisent pas. Il faut le faire. Vivre dans la charité c’est bien, mais encore faut-il vouloir se convertir. La conversion nous est proposée en permanence afin que nous vivions en chrétien converti, sans réserve, afin que librement nous options pour une vie convertie.  Retenons que le verbe « se convertir » n’est pas à conjuguer au passé ni au futur, mais bien au présent.

I-BREVE RELECTURE DE NOTRE CONTEXTE ACTUEL

Notre foi n’est pas une foi ex nihilo ; elle vient de quelque part et tend vers un infini insaisissable. Comme le christianisme a ses hauts et ses bas, notre vie de foi a aussi ses hauts et ses bas. A ce titre, chacun est appelé à bousculer son contexte de vie pour entamer un processus de conversion. Qu’en est-il de notre société actuelle en subsistance ?

Nous vivons dans un monde tiraillé, en quête perpétuelle de sens ; le scandaleux est devenu monnaie courante, hommes et femmes sont dans le sauve-qui-peut ; un monde sans voie, un monde de pauvres, de domination des puissants sur les petits ou les faibles. Notre monde est aussi un monde de concurrence à haut niveau et à long terme. Ce monde est assoiffé de l’infini, mais indifférent de la religion de Dieu ; un monde dont les changements font douter de la vertu. La connaissance humaine augmente à une vitesse rapide. L’homme passe d’une activité à une autre sans s’en rendre compte. Dans ce contexte se développe un délaissement de la religion… Car la raison humaine est verrouillée par le monde. Elle est appelée à une conversion permanente et dynamique.

C’est dans ce contexte que l’Evangile de la conversion s’adresse à nous. Nous ne pouvons pas dire que c’est pour les autres, non ! Nous sommes chacun concernés ; cette conversion s’adresse même à nous les prétendus religieux . La conversion n’est pas une affaire d’un jour mais de toute la vie.

II-MECANISMES DE DEFENSES CONTRE LA CONVERSION

Il suffit d’ouvrir les oreilles aux médias pour se rendre compte, d’aller dans les villes et les quartiers, ouvrir les yeux et constater : deux voisins font la concurrence du volume de leurs radios, pour montrer qui a le « High class », deux commerçants font la concurrence du volume de leurs radios pour bien vendre. C’est un contexte de bagarre et de violence. On peut constater que nous sommes dans un monde où rien n’est gratuit, dans un contexte où si tu présentes quelque chose de gratuit, on va te prendre pour un fou. CONVRERSION… le monde est appelé à se convertir, et surtout nous qui y vivons, parce que nous nous laissons emportés par le monde dans toutes ses activités. C’est dans un tel contexte que le message de la conversion se présente à nous. La valeur de la conversion est devenue de plus en plus compliquée.

Il y a plusieurs niveaux de conversion ; mais essayons de développer quelques mécanismes qui nous empêchent de nous convertir.

Nous nous croyons convertis, alors qu’on ne l’est pas. L’expérience quotidienne prouve que d’énormes difficultés rendent la compréhension difficile. On cherche toujours à se cacher une chose à soi-même consciemment.  Observons un instant quelqu’un à qui la conscience reproche quelque chose. Donc, le besoin de se connaitre réellement est toujours là : c’est un danger, de se cacher quelque chose à soi-même ; on voit que le regard des autres nous juge, nous menace. Dans ce cas, on cherche à chasser la mauvaise idée qui nous occupe.

Nous cherchons toujours à nous excuser des péchés et des fautes que nous commettons, et là l’épanouissement spirituel n’aura pas lieu. Si donc le péché entraine à un endurcissement, un progrès dans la vie spirituelle n’aura pas lieu. On cherche à tromper Dieu, or Dieu nous connait plus que nous-mêmes. Ce qui se passe, mes chers paroissiens, c’est que l’homme se défend contre ses pulsions (sexuelles, désirs, fautes…). Pour ce, il utilise plusieurs mécanismes pour s’en débarrasser. Ici, nous n’en citerons que trois. Vous pourrez en trouver d’autres.

  • Le refoulement

C’est faire semblant d’ignorer le tort, le péché commis. On cherche à tromper sciemment sa conscience. C’est le refus de se confronter à la réalité honteuse de ce que nous avons fait. L’homme veut apparaitre juste et correcte aux yeux de lui-même et aux yeux de ses semblables.

  • La disculpation

Le récit du paradis terrestre en Gn 3, parle de cette tendance de disculpation de l’homme. Adam et Eve, après avoir gouté le fruit, cherche à cacher leurs fautes, à se dissimuler. Ils n’ont pas reconnu leur responsabilité. Chacun cherche un mécanisme de défense : Adam dit que c’est Eve, Eve dit que c’est le serpent. C’est ce que nous tous nous faisons, alléguer des influences pour dire que le péché ne vient pas de nous ; chercher la cause du mal ailleurs est une compensation. C’est Saint Grégoire Le Grand qui nous rappelle que le coupable repris à l’aveu remet tout en aveu pour excuser son mauvais comportement.

  • La rationalisation

Ici, l’homme fait usage de sa raison et argumente, il cherche de faux arguments pour se justifier, pour rendre acceptable ce qu’il a fait. Face à un acte pénible et humiliant, l’homme le réprime par un argument aveuglant. Quand on arrive à faire ce que nous ne voudrions pas faire, on cherche des motifs raisonnables.

Il y a d’autres mécanismes que vous pourrez trouver vous-même. En tout cas, il faut nous mettre en garde, et nous poser toujours les questions : quelle est ma façon de me convertir ? A quel niveau précis suis-je dans ma conversion ? Face à l’ennemi du monde extérieur, comment je m’y prends, pour être un bon chrétien ?

Comme chrétien, nous sommes appelés à rendre un culte spirituel à Dieu. Le monde où nous habitons, c’est celui-là même que nous avons décrit tout à l’heure (le monde extérieur et le monde intérieur).

D’où provient cette tendance humaine à nier que nous sommes des êtres de chairs faibles ? Pourquoi un mécanisme de défense face à la conversion ? Si la concupiscence y est pour beaucoup, d’autres facteurs expliquent cela aussi. Le projet existentiel de l’homme dessine et détermine la silhouette de sa personnalité. D’où, nous avons à participer à la bonne formation de notre conscience par des conseils, des expériences acceptables chrétiennement.

Péché n’est pas égale à transgresser une loi, mais rompre une relation avec Dieu.

La grande question pour nous donc, c’est : que faire pour redynamiser notre foi chrétienne ?

III-REDYNAMISER NOTRE FOI CHRETIENNE

Méditons sur le texte de Romain 12 : ce texte m’inspire le modèle de vie (raisonnable) que je dois adopter pour entamer mon processus de conversion, pour me rendre agréable devant Dieu ; il ouvre mon esprit à discerner la volonté de Dieu. Que dois-je faire, quel comportement dois-je adopter pour en arriver à une vraie conversion, pour modeler ma vie, toute ma vie, à la volonté de Dieu ? Ce texte m’apprend que je dois me laisser transformer pour conformer mes pensées, mes paroles et actions à tendre vers ce qui est bon, ce qui plait à Dieu, vers la perfection. Et pour ce faire, je dois me revêtir d’humilité et me mettre sur le chemin de la charité et donc vivre dans la simplicité et l’amour fraternel. A travers ces paroles de Saint Paul, je trouve l’idéal d’une vie convertie, d’une vie en groupe, communautaire. Chaque personne est une partie du groupe, de la communauté, chaque paroissien est une partie de la communauté paroissiale, et tel qu’il a été dit dans le texte, nous formons un seul corps. Et que par conséquent, chaque membre doit jouer son rôle pour que le groupe, la communauté vive ; c’est cela que saint Paul nous prescrit et que nous devons faire. Nous avons à participer à la construction du groupe, chacun pour sa part, à la construction de notre paroisse par l’engagement. A chacun d’entre nous est donnée la grâce de faire quelque chose qu’il doit faire pour le service du groupe, de la communauté, de la paroisse. Chacun est appelé à déployer ses talents au service du groupe, chercher la paix pour le groupe, chercher le bien là où il y a le mal ; chacun est appelée à dépasser les préjugés de sa conscience pour faire l’impossible que le Christ nous demande de faire : « l’amour des ennemis ». De cette façon, nous arriverons à une véritable conversion. A chacun d’entamer son processus.

Le chrétien est un homme dans le monde. Il est comme tel une liberté responsable. Comme tel il est capable du bien et du mal. Si l’on croit ce que l’homme a fait dans l’histoire et ce qu’il fait, on peut dire que la foi est une force incroyable. Or, le christianisme est une religion à laquelle on adhère librement pour devenir enfant de Dieu dans la foi. La foi chrétienne féconde le vécu quotidien de l’homme, et le vécu quotidien à son tour avec ses hauts et ses bas est en lien avec la foi.  D’où l’intérêt de redynamiser la foi chrétienne. Le message de Jésus a un caractère subversif. Jésus a un souci sans prix pour l’homme ; c’est pour l’homme qu’il est venu, il est venu humaniser l’homme pour le rendre juste et saint. Cela veut dire que c’est lui l’authentiquement humain et raisonnable. Donc c’est lui que nous devons suivre, pas le monde. Nous avons à travailler pour être plus humain, pour aspirer à la divinité. Grace au Christ, nous nous regardons tels que nous sommes. Nous découvrons que nous ne sommes ni des anges ni des êtres très mauvais, mais des êtres humains en quête de sens. Tel est le combat du chrétien, tel est notre combat. L’homme converti a une vraie foi et une vraie espérance.

Un grand danger à la conversion, c’est l’activisme. Faisons attention à l’activisme. C’est le danger N°1 à la vie spirituelle. Ce que nous devons faire, il faut le faire ; nous serons justifiés dans le degré d’amour avec lequel nous avons fait ce que nous devrions faire. L’homme n’est pas capable que du mal mais aussi du bien, parce qu’il est tendu vers Dieu, vers le bien.

CONCLUSION

On ne nait pas chrétien, mais on le devient dans un effort permanent et perpétuel.

Trois signes pour discerner notre détermination à devenir un homme vraiment converti :

  • Acquérir l’esprit de foi

Dans l’Eglise se trouve tous les éléments du salut.

  • S’engager pour l’amour

Faire de la charité son mode de vie, pour une vie chrétienne totale et convertie.

  • Acquérir le sens de la croix

Savoir faire le sacrifice. La vie est une rose qui a ses épines qu’il faut savoir accueillir dans la foi. (Mc 8,34 prendre sa croix et suivre Jésus).

Il y a trois niveaux de conversion à atteindre :

  • L’écoute de la Parole de Dieu, acceptation d’un nouveau baptême dans l’Esprit Saint.
  • Quand la personne, malgré les doutes et les hésitations décide de s’engager à changer sa vie, à se convertir malgré tout…
  • Quand la personne se soumet totalement à l’action de Dieu, cherche à lire les événements avec les yeux de la foi.

La vraie conversion, c’est quand la personne se prend responsable, en tant que jeune, chrétien, laïc, religieux, religieuse, prêtre…, de tous actes, et s’engage résolument à la conversion. Il ne prend ni argument ni autres choses… pour justifier ses fautes et ses péchés.  La vraie conversion ouvre le chemin dans le Christ.  Il nous faut nous convertir au jour le jour par une vie dynamique. Ainsi…. peut être appelé un  homme converti totalement.

Saint Temps de Carême à tous !

FRERE HYACINTHE DIENG, omi

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