Saints Anne et Joachim

Saints Anne et Joachim

Frère Julien NDECKY, jeune Stagiaire oblat de Marie Immaculé à la Paroisse MIPA, nous viens aujourd’hui avec un enseignement sur : Saints Anne et Joachim

Chers frères et sœurs, amis croyant ! Il est heureux de nous retrouver ce soir pour découvrir et redécouvrir nos saints Patrons Sainte Anne et saint Joachim Parents et éducateurs de la Très Sainte Vierge Marie. Deux personnages qui entourent la naissance de Jésus. Deux personnages qui ne sont pas dans les évangiles mais bien présents dans la Tradition de l’Eglise. Tout ce que l’on sait d’eux provient des évangiles apocryphes, c’est-à-dire des textes que l’Église n’a pas retenus dans le « canon » des Écritures Saintes, parce qu’elle considère que leur origine est incertaine. Alors, qui sont-ils ? comment expliquer qu’ils jouent un rôle aussi important dans la Tradition de l’Eglise ? Et quel message pour nous, pour vous surtout qui les avez choisi comme saints Patrons.

Les différentes sources racontent l’histoire d’un berger de la tribu de Juda, et donc de la descendance de David, nommé Joachim, qui était marié depuis vingt ans à une femme de la même tribu, appelée Anne dont la sœur Hisménie donna le jour à Élisabeth, mère de Jean-Baptiste. Ils n’avaient pas d’enfant. Un jour que Joachim était monté au Temple de Jérusalem pour faire son offrande au Seigneur, le prêtre le repoussa sous le prétexte qu’étant privé de progéniture, il n’était pas béni de Dieu. Notons que dans la société hébraïque ancienne, c’était un devoir, une obligation morale et une responsabilité pour toute femme de se marier et de concevoir un fils à son mari. La stérilité était mal jugée, une femme stérile jetait un discrédit sur son mari et sur leur famille respective, l’exposant à la honte et aux critiques. Perpétuer la lignée familiale était une bénédiction, si la conception échouait la femme devait se résoudre au divorce et faire face au rejet de la société. Anne était consciente de cette dure réalité et elle souffrait dans son cœur. Elle était malheureuse et lorsqu’elle sortait elle sentait le regard des femmes et les commérages qui lui faisait mal, jusqu’aux larmes souvent ! Elle entendait les femmes qui parlaient entre elles “mais quel est donc son péché qui l’a rendue stérile” ? Elle entendait leur ricanement. D’autres femmes qui avaient des enfants l’évitaient, car pour elles le fait qu’elle soit stérile signifiait la “malédiction”. Être stérile était considéré comme une désapprobation de Dieu.

Profondément humilié, Joachim n’osa rentrer chez lui et s’en alla vivre avec ses troupeaux, dans le jeûne et la prière Pendant son absence qui dura cinq mois, Anne, son épouse, qui était sans nouvelle de lui, se lamentait. Un jour qu’elle était en prière et rappelait à Dieu le vœu qu’elle lui avait fait, au début de son mariage, de lui consacrer un enfant, l’ange du seigneur lui apparut et lui promit «une descendance qui ferait l’admiration de toutes les nations». De son côté, Joachim reçut la visite d’un ange qui lui ordonna de revenir à Jérusalem où il retrouverait son épouse, et il lui annonça que sa femme allait concevoir une fille qui vivrait dans le Temple .Obéissant à l’injonction céleste, Anne et Joachim se retrouvèrent à la Porte dorée de Jérusalem et quelques mois plus tard, Anne mis au monde une fille qu’ils appelèrent Marie.

Quel message pour nous aujourd’hui ? Et bien chers frères et sœurs, quand on a un saint ou des saints Patrons comme ce fut le cas de votre communauté, nous devons essayer d’incarner ce qu’ils ont comme valeurs et comme vertus. Pour ce qui est de saints Anne et Joachim, j’aimerais tout simplement m’arrêter sur deux aspects de leur vie qui pourraient nous aider à prolonger notre méditation.

La première chose que je voudrais vous faire remarquer c’est que la qualité de la vie de Marie dépend de la qualité de l’éducation de ses parents. Tel Père, tel fils avons-nous l’habitude de dire. On ne connaît pas grand-chose des parents de Marie comme je l’ai déjà dit, mais en regardant leur fille on peut comprendre comment ils étaient : des parents qui lui ont appris à mettre Dieu à la première place, à l’aimer de tout son cœur et de toute son âme. « A la maison, les enfants apprennent de leurs parents, et en écoutant le Magnificat on peut comprendre ce que Marie a pu apprendre à une époque où toutes les connaissances se transmettaient oralement », précisant : « dans le ‘OUI’ de Marie, si beau, si propre et si sincère, généreux et fidèle, on voit que celle-ci avait appris à mettre Dieu à la première place, suivant l’exemple de ses parents ». Nous parents, ou futures Père et Mères de familles, quelle éducation humaine et spirituelle donnons-nous à nos enfants ? Car « Transmettre la foi est le plus beau cadeau que l’on puisse faire à quelqu’un ». Quelle éducation voulez-vous donnez à enfants quand ils te trouvent pas la joie de rester à la maison parce que papa et maman sont toujours en guerre. Chers frères et sœurs, nous avons l’obligation d’éduquer nos enfants parce qu’ils sont un don de Dieu. Il ne suffit pas de les mettre au monde pour les abandonner à maman ou à Papa, il faut surtout veiller à leur croissance et à leur épanouissement. Voilà pourquoi être Père ou Mère de famille se prépare. Ce n’est pas parce que ton ami s’est marié en décembre que toi tu dois te marier obligatoirement en janvier.

La deuxième chose que nous pouvons retenir d’Anne et de Joachim, c’est la confiance totale en Dieu. Les évangiles apocryphes nous disent que ce couple n’avait pas d’enfants pendant plusieurs années. Mais malgré la pression de la société, ils ont confiance en Dieu, ils se sont mis à prier. Ils n’ont pas passé leur temps à s’accuser l’un et l’autre, ils ne sont non plus aller chercher les solutions ailleurs qu’en Dieu. Nous vivons dans une société chers frères et sœurs où Dieu est presque mis à la marge. Et nous chrétiens nous également atteint par ce virus qui met en nous le manque de confiance en Dieu. A la moindre difficulté, l’on court dans tous les sens : tantôt chez le prêtre, tantôt chez le marabout, tantôt au village dans le bois sacré. Et ainsi nous perdons de repères, on est déboussolé, déboussolé parce qu’on ne croit pas suffisamment que Jésus peut nous sauver.

La troisième chose que j’aimerai souligner c’est que nous devons vivre dans l’espérance à l’instar de Joachim et Anne. Nous vivons dans un monde désespéré et désespérant si bien que sans espérance, il n’y a pas de vie possible. L’espérance fait vivre, elle doit être le carburant de tout chrétien. Vous ne devez pas être «être abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1Th 4, 13). C’est seulement lorsque l’avenir est assuré en tant que réalité positive que le présent devient aussi vivable Espérer que le Christ nous réserve un lendemain meilleur, malgré la souffrance que nous traversons, malgré les persécutions, malgré le manque d’emploi, malgré des difficultés familiales. Oui, chers frères et sœurs demeurons dans l’espérance parce que l’horizon unique de cette espérance chrétienne, c’est Jésus Christ. Car nous n’attendons pas quelque chose mais quelqu’un ; nous attendons ce jour où Dieu sera tout en tous. Voilà pourquoi je vous rappelle encore ce soir ce que l’Apôtre Paul a écrit aux chrétiens de Rome en parlant de l’espérance : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu.… » (Romains 8, 18, 19). Alors pourquoi te désoler, pourquoi te désoler mon frère, ma sœur ! Mais reprends courage et garde espoir en ton Dieu ! C’est ce que nous chantons souvent. Mes biens aimés, notre vie devrait être une éternelle action de grâce envers le Seigneur parce que le Seigneur opère tant de bienfaits ans nos. Notre attitude envers Dieu doit être pareille à celle du psalmiste qui pose cette interrogation priante à son Dieu : comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? Nous nous égarerions si nous cherchions à comptabiliser et à quantifier ce que le Seigneur, de manière souvent discrète, opère et accomplit profondément dans nos vies et dans l’histoire de ce monde. Nous ne serons jamais capables de célébrer Dieu à la hauteur du moindre de ses bienfaits, qui est toujours incommensurable pour nous. Nous ne pourrons rendre au Seigneur rien qui corresponde à ses dons. Seule l’offrande de nous-mêmes en son Fils Jésus peut être agréable à notre Dieu Père de toute bonté. Que le Seigneur par l’intercession de saints Anne et Joachim nous aide à être des chrétiens pleins de vie, de confiance et d’espoir ; qu’il nous donne la grâce de reconnaitre tout ce qu’il accompli dans nos maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

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