Recollection des jeunes : Jeunesse et engagement chrétien

Recollection des jeunes : Jeunesse et engagement chrétien

Chers jeunes ; chers frères et sœurs dans la foi ! Nous sommes là pour vivre aujourd’hui et demain notre recollection. Nous avons décidé de sortir de notre agitation habituelle pour venir rencontrer et prier Jésus, notre ami fidèle. Jésus nous connait mieux que nous, il nous précède toujours. Car comme le psalmiste le déclare : « de très loin Jésus pénètre nos pensées et avant qu’un mot ne parvienne à nos lèvres, Lui, Jésus le sait déjà » (Ps. 138). Mais également il nous surprend par la grandeur et la profondeur de son amour : De la crèche au crucifiement Dieu nous aime inlassablement. C’est le couplet que nous avions chanté à Noël.

Mais, pour découvrir toute la richesse de la rencontre avec Jésus, il nous faut être disponible à l’écouter dans le silence du cœur et dans une attitude de prière. Je nous invite donc ce soir à nous débarrasser de tout ce qui pourrait nous distraire, de tout ce qui pourrait nous rendre sourds et aveugles pour ne pas entendre et voir la présence de Jésus dans le quotidien de notre vie. Alors, ne nous laissons pas nous embrouiller inutilement ! Ouvrons-Lui notre cœur pour pouvoir distinguer parmi les multiples voix celle de Dieu. Et c’est justement à cette ouverture du cœur que nous appelle la deuxième antienne invitatoire de ce temps du carême. L’antienne dit ceci « aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur ». (Bis). Oui, le carême est un temps favorable de renouvellement et de conversion pour marcher sur les sentiers du Seigneur. Mais c’est aussi un temps de guérison. Saurons-nous reconnaitre notre besoin de guérison ? Saurons-nous accepter d’être relevés, apaisés, sauvés par la parole de Dieu et la présence du Christ ? Durant cette récollection, chacun d’entre nous peut s’interroger : sur quel chemin de guérison intérieure, morale, psychologique et même physique le Christ veut-il entrainer mes pas ? Profitons alors pour réfléchir ensemble sur ce thème que vous avez choisi « jeunesse et engagement chrétien ». Un thème qui, en réalité nous permettra de revisiter toute notre vie chrétienne, notre participation en tant que jeunes à la vie de l’Eglise. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus amplement de façon concrète demain.

Vierge Marie, tu as été la première à dire oui à Dieu et tu as été fidèle à ton engagement jusqu’au bout. Aide-nous à dire notre oui au Seigneur dans l’urgence, plus que jamais pressante, de faire retentir la Bonne Nouvelle de Jésus, à travers notre engagement dans l’Eglise en tant que jeunes, pour que le nom de ton Fils soit glorifié et aimé partout, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

Deuxième jour : approfondissement du thème

Chers jeunes, je me retrouve avec plaisir aujourd’hui encore parmi vous. Je vous salue tous de tout cœur tout en exprimant ma joie et ma reconnaissance à l’équipe pastorale qui a permis que j’anime cette recollection.

Après l’introduction du thème hier soir, ce matin nous poursuivons notre réflexion et notre méditation. En réalité, quand votre curé m’a envoyé ce thème : jeunesse et engagement chrétien, je me suis demandé ce que je peux encore vous dire de nouveau puisque ce sont des choses qu’on vous a répétées plus d’une fois. Comme je l’ai mentionné hier, ce thème nous oblige à revisiter notre vie chrétienne, notre sens d’appartenance en tant que jeunes à l’Eglise qui est un corps. Alors, pour que l’on se comprenne, je voudrais m’arrêter d’abord un court instant sur le mot engagement ; ensuite je partirai du sacrement du baptême et de la parabole des talents pour montrer les exigences et le rôle important que nous avons à jouer dans l’Eglise grâce à notre engagement. Et enfin, le troisième point de mon partage, vue le contexte de crise d’engagement que traversent nos paroisses et l’église, je l’ai intitulé « jeunesse de Koumpentoum lève-toi et marche ! »

1. Signification du mot engagement
Acte par lequel on s’engage à accomplir quelque chose ; promesse ; convention ou contrat par lesquels on se lie, prendre activement part, participer. S’engager demande donc une volonté.

En effet, par le baptême nous entrons dans la famille de Dieu qu’est l’Eglise. Nous devenons enfants de Dieu et sommes participants à sa mission. « Par le baptême nous revêtons le christ comme le dit saint Paul. Et comme chacun de nous à un rôle important à jouer dans sa famille biologique, il en va de même dans l’Eglise. Chacun de nous est appelé à apporter sa part de contribution pour la bonne marche de l’Eglise. Car « A chacun la manifestation de l’esprit est donnée en vue du bien commun » (1co12, 7). Ne pas respecter les exigences du baptême, handicape quelque part la mission reçue de Dieu. A plus forte raison quand on est jeune, on ne peut pas s’en laver les mains ou demeurer indifférent. Chers jeunes, c’est maintenant le moment favorable !Pendant la jeunesse, vous avez toutes les forces, tout le dynamisme possible pour vous engager activement dans la paroisse et dans l’Eglise. Dieu nous fait confiance. Il nous rend participants de ses affaires, c’est-à-dire son Royaume. Et c’est parce qu’il nous fait confiance qu’il nous a confié des talents. La parabole des talents en Mt 25, 14-30 met cela en exergue. J’aimerais que nous nous arrêtions un peu sur cette parabole pour découvrir ensemble sa signification.

2- La parabole des talents
La parabole dit ceci : « Un maitre qui part en voyage appela ses serviteurs et leurs confia ses biens. A l’un il remit cinq talents, à un autre deux, à un autre un seul, à chacun selon ses possibilités puis il partit. Aussitôt, les deux premiers sont partis multiplier ce qu’ils avaient reçu en gagnant le double ; le troisième par contre à préféré caché son talent».

L’expression « A chacun selon ses possibilité » est là pour nous rassurer. Car Dieu ne nous demande pas au-delà de nos forces. Il nous connaît plus que nous pouvons l’imaginer. Voilà pourquoi les trois serviteurs dont nous parle cette parabole n’ont pas reçu le même nombre de talents. En effet, les deux premiers sont entrés dans le projet de Dieu en s’engageant à fructifier ce qu’ils ont reçu et c’est de cela que le maitre les a félicités à son retour. Le troisième quant à lui a jugé bon d’enfuir son talent dans la terre parce qu’il avait peur. Jésus attend que nous prenions des initiatives, des risques même comme les deux premiers serviteurs l’ont fait. Prenons-nous souvent des initiatives au sein de notre paroisse en tant que jeunes ou attendons-nous toujours qu’on nous demande de faire ceci ou cela ? Et même quand on nous demande un service, avons-nous vraiment la générosité de l’accomplir avec joie et gratuitement ? La seule chose que Dieu nous demande c’est de faire de notre possible, nous donner pour la marche de l’Eglise ; et nous nous entendrons dire « serviteur bon et fidèle entres dans la joie de ton maitre ». Quand on voit notre engagement aujourd’hui, pouvons-nous espérer faire partie de ceux-là à qui le Seigneur dira « Bon est fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maitre » ? Ou alors l’on dira de nous « serviteurs mauvais, paresseux et bons à rien, retirez-lui donc son talents et donnez-le à celui qui a les dix talents » ?

Chers jeunes, l’Eglise vous regarde avec confiance et attend que vous deveniez le peuple des béatitudes. L’Église a besoin de votre jeunesse, de votre dynamisme pour réaliser son projet de salut. Le Christ a besoin de votre enthousiasme généreux. Le Pape Jean-Paul II, aujourd’hui saint Jean-Paul II disait dès le début de son pontificat ceci aux jeunes : « vous êtes mon espérance, vous êtes non seulement le futur de l’église, mais vous êtes l’église dans l’aujourd’hui du monde.»

Nous vivons aujourd’hui dans un monde d’indifférence, un monde désespéré et désespérant, un monde allergique à tout ce qui fait référence à Dieu. Nous n’avons plus le temps pour Dieu, pour écouter sa parole. Et nous jeunes qui sommes considérés comme étant l’avenir de cette Eglise, nous sommes également emballés dans cette culture de l’indifférence. L’on pourrait se demander où va le monde sans Dieu ? Je voudrais rappeler ici que le Pape François a publié sa toute première exhortation apostolique sur la joie de l’évangile, Evangelii gaudium.Dans cette exhortation, le Pape nous invite à sortir de notre indifférence, de notre tiédeur et de notre crainte. Car le Seigneur appelle chacun à s’engager activement et Il le fait avec grand respect et amour. L’Eglise ne nous force pas à nous engager et ne nous forcera jamais. Voilà pourquoi Jésus avait posé cette question à ses Apôtres : « voulez-vous partir vous aussi » ? Et c’est Pierre, le premier des Apôtres qui prend la parole pour dire : « A qui irions-nous Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle ». Je vous pose la même interrogation : « voulez-vous partir vous aussi? »

Aujourd’hui, chers jeunes, demandons-nous si nous sommes vraiment des chrétiens ou alors si nous ne sommes qu’une foule de baptisés ; parce qu’il y’a une différence nette entre être chrétien et être baptisé. Un baptisé, c’est quelqu’un qui a reçu le baptême mais ne vit pas nécessairement les exigences de ce sacrement. Le chrétien par contre, c’est celui qui se réclame du Christ ; c’est-à-dire quelqu’un qui est baptisé et qui est prêt à marcher sur les traces de Jésus, qui cherche à se configurer au Christ.Oui, suivre Jésus à ses exigences : « celui qui veut être mon disciple, dit Jésus, qu’il porte sa croix et qu’il me suive ». Porter sa croix ne signifie pas avoir une croix au coup et rester tranquille. Porter sa croix veut dire être prêt à s’engager avec Jésus et se donner totalement avec joie et amour. Porter notre croix aujourd’hui chers jeunes, c’est s’engager là où nous sommes : dans ma CEB, à la chorale, dans les mouvements d’actions catholiques. C’est effectivement cette synergie de forces qui peut faire bouger et dynamiser une paroisse. Si seulement chacun de nous faisait ce qu’il devait faire à son niveau, notre paroisse grandirait et refléterait davantage le visage du Christ. Mais quand c’est une minorité qui s’engage, cela veut dire qu’il y’a un problème, celui du sens de notre appartenance à l’Eglise.

Cette Eglise, consciente de la tâche qui est la sienne, essaie toujours de s’adapter pour nous aider à mieux vivre notre vie chrétienne. Mais malheureusement aujourd’hui une sorte de lourdeur s’est installée dans nos paroisses et dans l’Eglise. Donc ce n’est pas seulement ici à Koumpentoum que le problème d’engagement des jeunes se pose mais c’est un peu partout. Chez nous à Koungheul par exemple, nous sommes entrain de préparer les JMJ puis que c’est nous qui accueillons cette année ; et à chaque fois qu’on convoque les jeunes pour la recherche du bois on ne voit personne ; sinon deux ou trois personnes. Mais quand c’est une soirée ou un hawaré ils viennent nombreux. Alors il y’a un paroissien qui m’a demandé comment faire pour motiver les jeunes à aller chercher du bois. Je lui ai répondu il faut louer un camion et on leur dit qu’il y’a un hawaré le dimanche prochain, là ils viendront nombreux et quand ils vont venir on les met tous dans le camion pour aller chercher le bois. Alors il s’est mis à rire. C’est sûr qu’on ne va jamais le faire mais c’est une invitation à revoir notre foi en Jésus. Aimons-nous vraiment Jésus ? Je vous le demande parce que quand on aime réellement quelqu’un on ne peut pas ne pas nous rendre disponible pour cette personne. Chers amis notre engagement ou notre manque d’engagement traduit en réalité le degré de notre foi. Voilà pourquoi j’ai intitulé la dernière partie de mon intervention : jeunesse de Koumpentoum, lève-toi et marche.

3-jeunesse de Koumpentoum,lève-toi et marche !
« Lève-toi et marche », c’est une parole biblique que nous retrouvons dans l’évangile selon saint Marc au chapitre 10 versets 49.Lève-toi et marche jeunesse de Koumpentoum parce que c’est Dieu qui t’appelle. N’hésitons pas de donner de notre temps, notre générosité et surtout notre jeunesse pour la bonne marche de votre paroisse. Toutes les possibilités vous sont offertes pour que vous puissiez vous engager. Suis-je engagé à chanter à la chorale ? Suis-je engagé dans le mouvement scout ? Ou alors je ne suis nulle part. Suis-je fréquent à la messe dominicale ou alors je n’apparais qu’à noël, à pâques, à l’approche des JMJ et du pèlerinage de popenguine pour disparaitre aussitôt ? Bref, qu’est-ce que je fais pour mon Eglise ? A chacun de répondre en tout sincérité. De toute façon, l’on ne peut pas vouloir célébrer la pâques sans passer par le vendredi saint. Autrement dit, sans vendredi saint, sans la mort sur la croix, il n’y a pas de résurrection possible. Car la résurrection n’aurait aucun sens si Jésus n’était pas mort. Et saint Jean-Paul II le disait en ces termes : « si l’agonie de Jésus n’avait pas eu lieu, la vérité que Dieu est Sauveur serait restée suspendue dans le vide ».

Alors cessons d’être des chrétiens d’occasion, de circonstance et de fête ! En vivant de la sorte nous ne pouvons qu’être stériles. Il est donc temps que nous passions de la stérilité à la fécondité. Et pour être fécond, il nous faut nous engager à faire ce que l’église nous demande ; il nous faut obligatoirement être branché, être connecté au Seigneur. C’est Lui seul qui peut nous donner l’énergie de rester fidèle à notre consécration baptismale. Sans cette connexion au Seigneur notre vie comme chrétien perd son éclat et toute sa signification. Car nous serons des chrétiens faibles comme la batterie d’un téléphone sans charge. Autrement dit, de la même manière que quand la batterie de votre téléphone est faible on vous demande de le brancher, de même on nous dira chrétien faible, non engagé veuillez vous brancher au Christ. Chaque personne à été créée pour être en relation avec Dieu. Evitons d’être des jeunes qui sont obèses ou même des jeunes qui ont atteint ce que j’appelle « la ménopause spirituelle ». Si nous voulons la paix, si nous voulons être dans la joie et si nous voulons être libres, choisissons le Christ. Le Pape Jean-Paul II disait à nous les jeunes ceci : « Chers jeunes : n’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien ; et il donne tout. Celui qui se donne à Lui, reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ et vous trouverez la vraie vie ». Le psaume 1 le dit clairement : « heureux est l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur ! Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau : il donne du fruit en sa saison et son feuillage reste vert. Tout ce qu’il entreprend réussira ».

« Le carême est un nouveau commencement »

Le Saint Père François dans son message pour le carême nous a dit que « Le carême est un nouveau commencement ». Je le paraphrase en vous disant que la vie chrétienne est un nouveau commencement ! Alors profitons de ce temps qui est un Kairos, c’est-à-dire un moment privilégié, le bon moment pour revoir notre attachement au Seigneur. « Revenez à Dieu de tout votre cœur…Car c’est maintenant le jour favorable» ! Telle est l’invitation que l’Eglise nous a lancée le mercredi des Cendres à travers le prophète Jonas. Et le prêtre en nous imposant les Cendres disait ceci : « convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » !Alors, chers amis ! Convertissons-nous ! Demandons au Seigneur d’ôter notre cœur de pierre et de nous donner un cœur de chair. Demandons-Lui également l’activité de la foi, le fidèle labeur de la charité et la constance de l’espérance. Ainsi, nous pourrons être une jeunesse porteuse de joie, une jeunesse dynamique pour faire rayonner partout le nom de Jésus et son Evangile, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen ! Je vous remercie pour votre écoute.

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