QUE TOUS SOIENT UN

QUE TOUS SOIENT UN

Frère Julien NDECKY, jeune Stagiaire oblat de Marie Immaculé à la Paroisse MIPA, nous viens aujourd’hui avec un enseignement

Chers frères et sœurs en Christ ce matin nous nous retrouvons pour partager sur le thème que voici : Que votre unité soit parfaite. Ce thème est tiré de la grande prière sacerdotale de Jésus tiré du chapitre 17 de l’Evangile de Saint Jean. La prière dit ceci : « A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant même la création du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »

Points de réflexion

C’est la dernière prière de Jésus au Père. Et dans cette prière, Jésus demande ce qui Lui tient le plus à cœur. Le plus grand désir des parents pour leurs enfants, est de les voir vivre dans l’amour et dans l’unité. Et la plus grande peine est de constater leurs divisions (…) ? De toute éternité, Dieu a rêvé l’unité de sa propre famille en une communion d’amour de ses enfants avec lui et entre eux.

  1. L’unité parmi les disciples. Jésus prie pour l’unité de tous les croyants. Il désire que nous soyons un, unis dans le Christ avec le Père. Aujourd’hui, nous constatons de nombreuses fractures et de divisions au sein de la société. Lorsque nous regardons autour de nous, nous voyons tant de tendances différentes, qui s’opposent souvent, même à l’intérieur de l’Eglise. Dieu ne veut pas de cette division. Il a prié pour que nous soyons tous un, afin que cette unité soit un témoignage pour le monde à qui le Père a envoyé Jésus. Si le monde n’est pas convaincu que le Christ, Fils de Dieu, nous a apporté la Bonne Nouvelle du salut, c’est peut être en partie de notre faute. Est-ce que je pense à prier pour l’unité des chrétiens ? Est-ce que je cherche activement, par mes paroles et par mon attitude, à rassembler plutôt qu’à diviser ?

Ainsi donc, le modèle de notre unité n’est autre que l’unité qui existe entre le Père et Jésus. Cela semble impossible, tant elle est profonde. Elle est cependant rendue possible par ce comme, qui signifie aussi parce que : nous pouvons être unis comme sont unis le Père et Jésus, justement parce qu’ils nous font participer à leur propre unité, ils nous en font le don.

« Que tous soient un »

C’est vraiment cela l’œuvre de Jésus : faire que nous soyons tous un, comme il l’est avec le Père, que nous soyons une seule famille, un seul peuple. C’est pour cela aussi qu’il s’est fait l’un de nous, se chargeant de nos divisions et de nos péchés, les clouant sur la croix.

Il nous a indiqué lui-même la voie qu’il devait parcourir pour nous mener à l’unité : « Pour moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jean 12, 32). Comme l’avait prophétisé le Grand Prêtre, « il fallait que Jésus meure (…) pour réunir dans l’unité les enfants de Dieu qui sont dispersés » (Jean 11, 52). Dans son mystère de mort et de résurrection, il a tout résumé en lui (cf. Éphésiens 1, 10), il a recréé l’unité brisée par le péché, il a reconstruit la famille autour du Père et nous a rendus de nouveau frères et sœurs entre nous.

L’Eucharistie comme lieu où se manifeste l’unité

En participant à l’Eucharistie, je m’engage à être artisan d’unité; à vivre en vérité la communion. C’est pourquoi au début de chaque célébration Eucharistique, le prêtre prononce ces belles paroles qi traduisent l’unité des trois personne : « La grâce de Jésus notre Seigner, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soit toujours avec vous ». Ô Sacrement de la piété, ô signe d’unité, ô lien de la charité ! » S’exclamation saint Augustin. Cette exclamation de Saint Augustin résume les paroles que l’apôtre Paul a adressées aux Ephésiens et que nous venons d’entendre : « Frère, ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même, il n’y a qu’un sel Corps et un seul Esprit. Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu est Père de tous. (Ep. 3-6). L’Eucharistie est le sacrement et la source de l’unité ecclésiale. Quand nous serons nourris de ton corps et de ton sang et remplis de l’Esprit Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ » (Prière eucharistique III).

Dans la Bible, boire à la même coupe, c’est entrer en participation au même héritage: on fait partie de la même famille. Partager le pain, est le geste du père qui fait entrer dans son cercle familial l’invité. C’est un geste de partage qui exprime des liens étroits: quand on a rompu le pain avec quelqu’un, ce n’est plus pour nous un étranger, on en est responsable et on doit même le défendre s’il est attaqué.

Dans la communauté primitive, les premiers disciples « se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, À LA FRACTION DU PAIN et aux prières » (Ac 2,42). Et saint Paul enseigne aux Corinthiens: « La coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas une communion au sang du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps; car tous nous participons à cet unique pain » (1 Co 10, 16-17).

« Ceci est mon corps qui est pour vous » (1 Co 11,24). Aussi nombreux que nous soyons, il a pour tous même signification: c’est la Personne de notre Seigneur Jésus Christ et nous entrons tous en participation avec sa Personne. C’est cela qui bâtit l’unité. Il y a Église, non par la totalisation des personnes placées côte à côte (une masse de personnes peut faire un meeting, pas une Église), mais parce qu’il y a une attitude commune de foi et d’amour, attitude créée et alimentée par l’Eucharistie. L’Eglise n’est pas un Club où l’on se choisit par affinité mais une famille dont le Christ est la tête. Voilà ce que veut dire saint Paul. Et toute la vie communautaire doit trouver dans cette réalité commune qu’est l’Eucharistie, sa source et sa force. C’est pour cela d’ailleurs que l’Église n’est pas une société. L’Église est une COMMUNION, créée par le mystère eucharistique. Et sa règle de vie, de foi, de pensée, c’est l’Eucharistie.

Ici saint Paul nous met au cœur du mystère. La source de tout ce qui peut être valable dans une vie de communauté est à trouver dans le mystère du corps du Christ. « Ayez les mêmes sentiments » dira encore saint Paul. Il n’est pas possible de vivre dans l’amour fraternel, le pardon, le support mutuel, la compréhension, la joie, si ce n’est dans le « Corps du Christ » présent dans l’Eucharistie. Jésus a attendu au soir du Jeudi Saint pour donner son commandement: « Aimez-vous COMME je vous ai aimés » parce qu’il savait qu’avant, ses disciples n’avaient pas le moyen de le vivre, que c’était impossible sans l’Eucharistie. « Comme » dans saint Jean veut dire: « en participation ». On comprend que Jésus n’ait donné, dévoilé son commandement que dans le climat eucharistique, dans la Réalité où lui-même est réellement présent. Sa mission, Jésus l’a accomplie. Maintenant, ce qui reste à faire, c’est notre part, notre adhésion, notre « oui » à sa prière : « Que tous soient un »

Comment contribuer à la réalisation de cette prière ? Tout d’abord, la faire nôtre. Prêtons nos lèvres et nos cœurs à Jésus pour qu’il continue à adresser ces paroles au Père, répétons chaque jour avec confiance sa prière. L’unité est un don d’en-haut, à demander avec foi, sans jamais nous lasser.

Et puis, maintenons ces paroles au centre de nos pensées et de nos désirs. Si l’unité est un rêve de Dieu, qu’elle soit aussi le nôtre. Nous pourrions aussi nous demander : tel choix, telle décision, telle action, sont-ils les meilleurs pour construire l’unité ?

Enfin n’hésitons pas à agir partout où règnent les désaccords les plus évidents. Comme Jésus, prenons-les sur nous. Il peut s’agir de heurts en famille, entre voisins, de tensions entre voisins, au travail, en paroisse ou entre Églises. Ne restons pas indifférents aux litiges, aux incompréhensions. Mettons-y tout notre amour fait d’écoute, d’attention à l’autre, du partage de la souffrance née de cette blessure. Surtout vivons en unité avec ceux qui sont disposés à partager l’idéal de Jésus et sa prière, sans nous attarder aux malentendus et aux divergences d’idées, plus heureux du « moins parfait, vécu en unité, que du plus parfait, vécu dans la désunion ». Acceptons avec joie les différences, bien plus, considérons-les comme une richesse, pour parvenir à une unité qui n’est jamais une réduction à l’uniformité. Bien sûr, cela nous mettra parfois sur la croix, mais c’est justement la voie que Jésus a choisie pour restaurer l’unité de la famille humaine et c’est le chemin que nous voulons nous aussi parcourir avec lui. Oui, chers frères et sœurs, pour vivre dans l’unité, il nous faut être humble pour accepter les autres parce qu’ils aussi créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le Christ Lui-même nous en donne l’exemple. Il est venu dans le monde dans l’humilité, sans bruit en naissant dans une étable. Dans la plus grande simplicité qui soit. Etant. Lui-même Dieu, le Christ Jésus, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, Prenant la condition de Serviteur Devenu semblable aux hommes, reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté: il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, Afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, Et que toute langue proclame: Jésus Christ est Seigneur à la gloire du Père. Très souvent, notre orgueil démesuré nous emmène à croire que sans nous rien ne peut marcher, rien ne peut se faire. Oui, chacun de nous est important et précieux aux yeux de Dieu, mais n’oublions surtout pas que la mission continue avec nous, sans nous et même malgré nous ; parce que c’est d’abord la mission de Jésus-Christ.

  1. Désunion dans la famille. La société d’aujourd’hui se caractérise par une désunion croissante au sein de la famille. Le divorce déchire les familles. Chers frères et sœurs en Christ, croyez-moi, L’unité voulue par le Christ, pour toutes les familles, est fondée sur son amour. Il est le ciment de notre cohésion. Je vous rappelle cette phrase de Jésus : C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaitra pour mes disciples « Au soir de cette vie vous serez jugés sur l’amour » disait saint Jean de la Croix. Il nous invite à faire passer les autres avant nous-mêmes et à chercher à servir plutôt qu’à nous servir. Cela exige un effort constant d’écoute, de pardon et de sacrifice personnel. C’est. Suis-je prêt à demander et à accorder le pardon ? Est-ce que je place ma famille avant mes envies et mes propres projets ?

Et le Pape François faisait ce triste constat : « Ça me fait très mal de voir comment, dans certaines communautés chrétiennes, et même entre personnes consacrées, on donne de la place à diverses formes de haine, de division, de calomnie, de diffamation, de vengeance, de jalousie, de désir d’imposer ses propres idées à n’importe quel prix, jusqu’à des persécutions qui ressemblent à une implacable chasse aux sorcières. Qui voulons-nous évangéliser avec de tels comportements ? » (Evangelii Gaudium n° 100).

Comment veux-tu construire l’unité quand jamais tu ne t’engage dans ta CEB, mais tours prêt à critiquer ceux qui font l’effort de faire quelque chose ? Quelle unité bâti-tu quand tu es incapable de dire bonjour à ta voisine ou à ton voisin alors que tu es toujours présent à l’Eglise?

Quelle unité veux-tu construire quand jamais tu ne prononces une parole constructive ? Quelle unité veux-tu bâtir quand tu passes tout ton temps à porter de fax témoignage contre tes frères et sœurs, à les calomnier ?

Oui ! Qu’il est beaux, qu’il est doux pour des frères et sœurs de vivre ensemble et d’être unis c’est comme un parfum précieux qui descend sur la tête….C’est là que viennent les bénédictions du Père; là que s’épanouit la vie pour toujours ! Nous dit le psalmiste. Quel grand bonheur que d’appartenir à une seule famille d’autant plus quand il s’agit d’une famille spirituelle. Demandons a Seigneur de faire de nous des constructeurs de ponds pour que le nom de Jésus soit partout glorifié et aimé maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

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