Pêcheurs d’hommes : Dimanche 3ème du Temps Ordinaire (Matthieu 4, 12-23)

Pêcheurs d’hommes : Dimanche 3ème  du Temps Ordinaire (Matthieu 4, 12-23)

Pêcheurs d’hommes

L’aventure commence, après la reconnaissance de Jean et sa consécration par l’Esprit, Jésus commence sa marche, une marche qui va durer environ trois ans et qui le mènera partout, de village en village pour faire retentir l’annonce de la conversion et cette Bonne Nouvelle qui bouleverse les cœurs et change ceux qui l’écoutent. Le premier grand geste des temps nouveaux, que Jésus inaugure par sa prédication est le choix des apôtres. Il veut s’accompagner avec des hommes et des femmes qui, formés à son école sauront continuer dans le temps, après que sa mission sera accomplie, l’annonce du salut à tous les peuples.

A bien réfléchir on se rends compte que Jésus n’a pas choisis de grands personnages, des savants et des intellectuels, il n’a pas choisis des hommes bien placés dans la société judaïque, pas des meneurs de foules, on dirait par contre qu’il a voulu choisir aux derniers rangs du peuples, des gens simples, illettrés, des ouvriers, des gens habitués à la fatigue quotidienne. Et si nous suivons les Evangiles du coté des apôtres nous verrons que ce groupe n’aura rien compris de la mission de Jésus, toujours prêts à se disputer pour la première place ou à passer à coté du sens des événements qu’ils vivaient avec Jésus.

Mais rentrons dans le spécifique de ce texte d’aujourd’hui :

  1. Jésus surprend. Dans sa marche aux abords du lac, qui sera le théâtre de bien de signes et de discours importants de Jésus, il voit des pécheurs en pleine activité, ils sont en train de jeter leur filet. C’est le travail quotidien de ces gens qui habitent aux environs du Lac de Tibériade, un travail rude, pour gagner le pain de chaque jour. Jésus les regarde, étudie leurs gestes, observe la dynamique de leur démarche dans l’eau, entends les cris, les mots qu’ils se lancent entre pêcheurs et il le surprend avec une invitation inouïe, elle pourrait à la limite sembler une moquerie adressée à des gens en plein travail : « Venez, suivez-moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes». Oui, Jésus surprend, il nous repère et il nous invite. Là où il nous trouve, dans nos occupations quotidiennes, au milieu de nos soucis et de nos affaires.
  1. Jésus invite. Venez suivez-moi, l’invitation est toujours la même, celle de le suivre, de laisser l’ordinaire de la vie, ses certitudes, ses liens et de se mettre derrière lui, vers l’inconnu, vers le nouveau. Pierre et André, aussi bien que Jacques et Jean savait bien que Jésus n’était pas un armateur, qu’il ne possédait pas des bateaux de pêche, qu’il n’était pas là pour un business ou pour leur offrir un travail mieux rémunéré. Jésus invite toujours, par des signes, par des paroles, ou par l’entremise de quelqu’un, aujourd’hui, dans le tran-tran de ta vie, Jésus t’appelle et t’invite à le suivre. « Celui qui risque, le Seigneur ne le déçoit pas, et quand quelqu’un fait un petit pas vers Jésus, il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue à bras ouverts ». (La joie de l’Evangile, 3)
  1. Jésus confie une mission. « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes», quel drôle de travail Jésus va-t-il proposer à ceux qui deviendront ses disciples. Dans ces mots Jésus identifie sa mission et celle de ses apôtres après lui. Aller à la recherche des gens, surtout des pauvres, lancer au large les filets, pas pour piéger les hommes, mais pour les libérer et les introduire dans la nouvelle alliance avec Dieu. Comme les pêchers du lac, la pêche aux hommes demande patience et persévérance. Il faut savoir attendre les temps de Dieu et proposer à chacun un langage approprié. C’est tout l’art de l’évangélisation qui est appelé en cause. Etre pêcher d’hommes signifie être capable d’aller à la rencontre des exigences de tous, savoir adapter son langage et sa proposition aux milieux si différents de notre vie actuelle, savoir transmettre la joie de l’Evangile pour témoigner le bonheur de notre foi et de notre engagement.

Tous ont le droit de recevoir l’Évangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Église ne grandit pas par prosélytisme mais « par attraction ». (La joie de l’Evangile, 14)

Il faudra que l’Esprit Saint se mette en action, après la Pâques, pour faire des pêcheurs du lac de Galilée les pêcheurs d’hommes que Jésus avait envisagé. Voici donc que l’aventure de Jésus avec ses disciples commence, leur pérégrination dans toute la Galilée, en Judée et même en dehors des confins de la Palestine. A la recherche des hommes, des femmes, des foules qui viennent pour être guéries, mais auxquelles Jésus propose une guérison radicale et offre le don de la foi.

Etre pêcheurs d’hommes est la vocation de tout chrétien qui à profondément rencontré le Christ, car la joie de cette rencontre ne peut rester enfermé, mais elle se communique. Jésus invite les disciples que nous sommes à aller à la rencontre aves cette humanité souffrante pour apporter la consolation et la joie de l’Evangile.

Laissons nous surprendre par Jésus et ses propositions, laissons nous inviter à sa suite et prenons au sérieux la mission qu’il nous a confié, celle d’être pêcheurs d’hommes.

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