« Lazare, viens dehors ! »

« Lazare, viens dehors ! »

Jean, dans son Evangile décrit en nombre de sept les miracles accompli par Jésus. Ils sont choisis par l’évangéliste en fonction pédagogique pour nous révéler la vraie identité de Jésus et pour ouvrir à la foi ceux qui écoutaient son Evangile et sa prédication. Je pense rendre service à nos lecteurs de préciser ces miracles et de montrer comme la résurrection de Lazare soit le sommet des actions extraordinaires de Jésus.

  1. L’eau changée en vin (Jean 2 :1-12)
  2. La guérison du fils d’un officier (Jean 4 :43-54)
  3. La guérison d’un paralytique (Jean 5 :1-16)
  4. La multiplication des pains pour les cinq mille hommes (Jean 6 :15)
  5. Jésus marche sur les eaux (Jean 6 :16-21)
  6. La guérison de l’aveugle-né (Jean 9 :1-41)
  7. La résurrection de Lazare de Béthanie (Jean 11 :1-46

D’ailleurs le cadre est imposant, le miracle est préparé par Jésus à travers un dialogue mal compris par ses disciples et surtout par l’intervention des sœurs de Lazare, Marthe et Marie qui sont le véritable centre de toute l’action de Jésus. Il faut dire aussi, pour être précis, que la résurrection de Lazare est un prélude à la vraie et unique résurrection celle de Jésus. Lazare voit se prolonger le temps de sa vie terrestre et la mort l’accueillera dans un autre moment, mais la résurrection du Christ est définitive et comporte un changement radical dans sa réalité corporelle. Dieu nous appelle à cette résurrection à la fin des temps, lorsqu’avec notre corps nous seront dans la gloire de Dieu à la suite de Jésus, le premier des vivants.

Faut-il rappeler toujours la signification catéchuménale de cet Evangile, en présentant Jésus qui rappelle Lazare à la vie, l’évangéliste Jean veut faire découvrir à ceux qui voulaient être chrétiens que Jésus, n’a pas seulement guéris les malades, n’est pas seulement annoncé comme la lumière du monde (guérison de l’aveugle), mais que le Christ est la vie et la résurrection pour tous ceux qui croient en lui. Nous comprenons, alors que le cœur de ce passage de l’Evangile est vraiment la profession de foi de Marthe. Le dialogue entre Jésus et Marthe montre clairement comme Jésus aide Marthe à découvrir en lui le Christ, le Messie, celui qui a dans ses main le don de la vie éternelle pour tous ce qui croient en lui. Comme à la Samaritaine Jésus se révèle ouvertement à Marthe, il manifeste son identité de Seigneur de la Vie, celui qui ressuscitera et qui fait ressusciter.

Un détail que Jean n’oublie pas ce sont les larmes des Jésus ; la situation qu’il vit est émouvante ; Lazare, Marthe et Marie sont ses amis, la famille d’accueil de Jésus lors de ses déplacements continus, un lien d’amitié le lie à cette famille et Jésus est sensible à la mort de son amis Lazare. Cet aspect profondément humain de Jésus est vraiment important, car nous le savons que Jésus est vrai Dieu et vrai homme, un homme avec des sentiments, capable de pleurer, capable de se réjouir et aussi, capable de monter en colère, comme avec les marchands du Temple.

Un autre élément important c’est la prière de Jésus, avant de rappeler Lazare à la vie il s’adresse à son Père avec un ton vraiment filial. Cette prière montre le degré de communion entre Jésus et le Père et montre la confiance infinie du Fils vers son Père. Cette prière a aussi une fonction éducatrice, tous ceux qui écoutent savent désormais, que Jésus et Dieu ont un lien particulier ; cela servira comme prétexte aux chefs du peuple, les scribes et les pharisiens pour accuser Jésus et s’en prendre aussi à Lazare, car à cause de lui et de ce miracle extraordinaire, beaucoup de Juifs croyaient en Jésus.

Mais au delà de l’épisode de la résurrection de Lazare, aujourd’hui, nous qui sommes chrétiens et qui écoutons cet Evangile, quelle est notre réaction ? Nous aide-t-il, cet Evangile, à affermir notre foi en la résurrection ? Que pensons-nous de la vie après la mort ? Comment nos traditions peuvent-elles s’accorder à la foi en Jésus Christ Vie et Résurrection ? Devant la mort, notre foi comment réagit-elle ? Notre profession de foi est-elle aussi claire que celle de Marthe ?

Voila beaucoup de questions qui méritent une attention particulière, il s’agit d’un point névralgique de la foi. La résurrection de Jésus, d’abord, centre de la foi chrétienne, mais aussi notre résurrection et notre destinée après la mort.

Maintenant, à la lumière de sa Résurrection, la mort du Christ dévoile la fiabilité totale de l’amour de Dieu. En tant que ressuscité, le Christ est témoin fiable, digne de foi (cf. Ap 1, 5 ; He 2, 17), appui solide pour notre foi. « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi ! », affirme saint Paul (1 Co 15, 17). Si l’amour du Père n’avait pas fait ressusciter Jésus d’entre les morts, s’il n’avait pas pu redonner vie à son corps, alors il ne serait pas un amour pleinement fiable, capable d’illuminer également les ténèbres de la mort. (Lumen fidei, 17)

Jésus en ressuscitant Lazare manifeste clairement que il peut aussi nous ressusciter et que la destinée commune de tous ceux qui croient en lui est la vie, la vraie vie, celle qui ne finit pas. Comme toujours, cet Evangile est un appel à la foi. C’est seulement par une foi solide et éclairée que nous pouvons accueillir cette grande vérité que le Christ est la résurrection, et c’est seulement la foi en lui qui peut nous ouvrir la porte de la résurrection et fermer définitivement la porte de la mort.

En préparant notre Pâques, nous sommes appelés, chers frères et sœurs à revoir sincèrement l’état de notre foi ; nous sommes souvent prêts à nous décourager ou à imputer à Dieu nos malheurs et nos situations complexes et douloureuses. Mais nous comprenons difficilement que c’est notre foi qui est en jeux et qui peut nous donner une clé de lecture diverse de la vie et de la mort. Devant la question que Jésus pose à Marthe : « Crois-tu cela ? », quelle est ta réponse ? C’est seulement ta foi qui peut, aujourd’hui te faire sortir de ton tombeau et t’ouvrir à une vie merveilleuse avec le Christ !

« Crois-tu cela ? »

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