Homélie du dimanche : «Soyons illuminés par la parole de Dieu et rendons-nous davantage disponibles en faveur de nos frères et sœurs»

Homélie du dimanche : «Soyons illuminés par la parole de Dieu et rendons-nous davantage disponibles en faveur de nos frères et sœurs»

Homélie du 2ème dimanche de Carême année 2019/c par le Père William Sagna, vicaire à la Paroisse Sainte-Thérèse de Grand-Dakar, au Sénégal.

Frères et sœurs bien-aimés, amis croyants, chercher le visage du Seigneur tout au fond  des cœurs, voilà ce à quoi nous sommes invités durant ce temps de carême. Entrés depuis le mercredi des cendres sur la route qui nous mène aux fêtes pascales, la liturgie de ce 2ème dimanche de carême, nous rappelle que nous sommes amis avec Dieu pour toujours : par la promesse faite à Abraham, par les encouragements de saint Paul aux chrétiens de Philippes et par la transfiguration du Christ.

Qui aime Dieu de tout son cœur, devrait lui être fidèle en tout et pour tout. La première lecture de ce dimanche est tirée du livre de la genèse (Gn 15, 5…18). Ce passage est une scène qui peut nous paraître à juste titre étrange. Elle nous rappelle une pratique connue du Proche-Orient, quand deux personnes concluaient une alliance ; mais seulement dans ce contexte, l’initiative de cette alliance revient à Dieu seul, puisque Abraham est dans une position de soumission et de confiance. La promesse que le Seigneur fait à son ami, est inconditionnelle : elle ne s’appuie pas sur les mérites d’Abraham, ni de ses descendants. Dieu s’engage  librement et totalement et n’attend que l’absolue confiance de son ami.  Il lui avait demandé de quitter son pays avec cette promesse : « je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom » (Gn 12,1-2).  Dieu dit à Abraham, un vieillard sans enfant, « Regarde le ciel et compte les étoiles, si tu peux…Telle sera ta descendance » (Gn15, 5).

Frères et sœurs bien-aimés, le seigneur s’engage avec Abraham parce que ce dernier  était un homme juste et sincère. Voilà ce qu’il attend de chacun de nous. Comme Abraham, nous sommes invités à un abandon total dans les mains du Seigneur. Dieu nous demande sans cesse, si nous sommes prêts  à lui faire  confiance en toute circonstance : devant nos réussites comme nos échecs ; face à la maladie de l’âge et aux différentes épreuves de la vie.

La foi mes chers amis, est un comportement, qui traduit notre bonne relation avec Dieu. Suivons l’exemple de notre ancêtre dans la foi et disons avec le psalmiste : « le Seigneur est ma lumière et mon salut ! » C’est cette lumière qui a éclairé le visage de Jésus sur la montagne, alors qu’il priait, en compagnie de trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean.

Oui, frères et sœurs bien-aimés, Dieu a toujours associé l’homme dans son plan de salut. Il parle avec lui ; Il le fait voir ce qu’Il voit et entendre ce qu’Il lui dit. Si dans la première lecture, nous avons aimé cette familiarité entre Dieu et Abraham, nous allons aimer davantage  dans l’Evangile, l’amitié qui lie Jésus avec ses apôtres.

De la  montagne où il priait, Jésus permet à ces trois disciples de voir une chose inhabituelle. En effet, « pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante. Et deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Elie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem. »

Mes chers amis dans la foi, la transfiguration est l’un des mystères les plus touchants. Dans ce lieu et dans cette circonstance, Saint Luc n’a pas manqué de nous décrire l’événement avec précision. Il nous dit que les disciples étaient accablés de sommeil et lorsqu’ils étaient réveillés, certainement par le mystère qui s’annonçait, « ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. » Dans l’émerveillement, Pierre ne pouvait que dire à Jésus : « Maitre, il  est heureux que nous soyons ici ; dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie. » Luc ajoute que Pierre ne savait pas ce qu’il disait. Il semble donc ne pas comprendre ce mystère dont lui et ses amis  venaient d’être témoins.

Frères et sœurs bien-aimés, dans cette montagne qui désormais entre dans l’histoire de notre salut, une voix venant des nués s’est faite entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »  Ce sont ces mêmes paroles qui ont été prononcées lors de son baptême dans le Jourdain : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection (Mt 3,17). Cette voix céleste est certainement celle de son Père, qui nous invite à travers ces trois apôtres présents, à découvrir et à accueillir le Fils qu’il a choisi ; à écouter le message de la foi qu’il nous annonce. Mais nous n’allons pas en rester là, amis croyants, car la parole de Dieu ne s’enferme pas, elle se transmet de père en fils, de génération en génération. « On n’allume pas une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière, (Luc 11,3).  Oui, Comme la lumière est faite pour éclairer la route, ainsi la parole de Dieu  annoncée, doit éclairer les cœurs des croyants.

Saint Paul  nous disait dimanche dernier que « cette parole c’est le message de la foi que nous proclamons. » Une parole qui nous sauve de tout ce qui nous éloigne de Dieu : les idoles par exemple dont Paul nous parle aujourd’hui dans la seconde lecture. L’apôtre Paul demande  à tout chrétien de le prendre pour modèle : lui qui a tout quitté,  l’infatigable missionnaire des nations païennes, « l’avorton de Dieu ».

Oui frères et sœurs, saint Paul nous le demande : ne nous conduisons pas en ennemis de la croix du christ. Ne pensons pas qu’aux choses de la terre. Comportons-nous surtout en citoyens des cieux, afin que Dieu puisse transformer nos pauvres corps mortels, à l’image de son corps glorieux.

Mes chers amis, en ce temps béni, soyons illuminés par la parole de Dieu et rendons-nous davantage disponibles pour servir nos frères et sœurs qui sont dans le besoin, par Jésus le Christ notre Seigneur, qui règne maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

Saint temps de carême à vous tous !

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