La génuflexion à l’Eglise : Pourquoi ? Quand ? Et comment ?

La génuflexion à l’Eglise : Pourquoi ? Quand ? Et comment ?

La génuflexion est encouragée dans son caractère dévotionnel par l’Eglise Catholique. Ainsi lorsqu’un fidèle entre dans une église, spécialement si la lampe rouge indique la présence de Jésus au Tabernacle, il est invité à s’arrêter devant le Tabernacle et de mettre un genou par terre. Mais dans un contexte où beaucoup choisissent de s’incliner banalement, par paresse ou par peur de salir ses vêtements, il peut être utile de s’arrêter sur ces trois questions : Pourquoi faire la génuflexion, que signifie-t-elle ? Quand le fidèle doit-il la faire et comment ?

Le sens de la génuflexion

Voici ce qu’écrit un grand liturgiste de l’Eglise catholique, Dom Robert Le Gall : « Fléchir le genou est un acte d’adoration, exprimant l’hommage de tout le corps. Contrairement à l’agenouillement qui est une position stable, la génuflexion est un geste ponctuel » (cf. Dictionnaire de Liturgie). Elle n’est pas à confondre avec l’agenouillement (voir plus bas).

La génuflexion est donc un acte d’adoration et d’humilité, un geste extérieur de prière. Elle est adoptée par l’Eglise Catholique dès les premiers siècles :

  • « Le fait de fléchir le genou est le propre de ceux qui reconnaissent leur soumission ; écoute ce qu’en dit saint Paul : Tout genou fléchira devant Lui, au Ciel, sur la terre et dans les enfers (Phil. 2,10) » écrivait saint Jean Chrysostome au 4° siècle.
  • « Ceux qui prient donnent à leur corps la posture qui convient à l’oraison. Ils se mettent à genoux, ils étendent les mains, ils se prosternent à terre et font d’autres gestes extérieurs du même genre » soulignait saint Augustin au 5° siècle.

Quand faire la génuflexion ?

Voici quelques indications données par le Missel Romain sur quelques moments de la génuflexion (PGMR, numéro 274) :

  • Elle est réservée au Saint-Sacrement, et à la sainte Croix depuis l’adoration solennelle faite au cours de l’action liturgique du Vendredi saint jusqu’au début de la Veillée pascale.
  • Au cours de la messe, le prêtre célébrant fait trois génuflexions : après l’élévation de l´hostie, après l’élévation du calice, et avant la communion. En revanche, il est prescrit aux concélébrants (les autres prêtres qui célèbrent avec lui) de s’incliner après chaque élévation, au moment où le célébrant fait la génuflexion, tous les autres ministres (les enfants de chœurs) étant alors nécessairement agenouillés
  • Si le tabernacle avec le Saint-Sacrement est dans le sanctuaire (à l’autel), le prêtre, le diacre et les autres ministres font la génuflexion quand ils arrivent à l’autel et s’en retirent, mais non pendant la célébration de la messe ;
  • Autrement, tous ceux qui passent devant le Saint-Sacrement font la génuflexion (comme lorsqu’on entre dans une église sauf lorsqu’on s’avance en procession) ;
  • Les ministres qui portent la croix de procession ou les cierges font une inclination de la tête à la place de la génuflexion ;
  • On fait la génuflexion – plus exactement, on s’agenouille – à toutes les Messes de Noël et de l’Annonciation (25 mars) durant les paroles « Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine et homo factus est » dans le Credo ;
  • On salue le Très Saint Sacrement par génuflexion chaque fois qu’on passe devant le lieu où il se trouve, soit sur l’autel pendant la messe, par exemple, ou au Tabernacle ;
  • Lorsque le ministre ordonné prend le Sacrement au tabernacle, il en ouvre la porte avant de faire la génuflexion ; en le reposant au tabernacle, il fait la génuflexion avant de refermer la porte.

Comment faire la génuflexion ?

La génuflexion se fait en fléchissant le genou droit jusqu’à terre. Elle est réalisée sans hâte, le corps et la tête droite, le genou droit devant toucher terre, sans pause.

Nota Bene : Pendant la Consécration eucharistique :

Les fidèles s´agenouilleront pour la consécration, à moins que leur état de santé, l´exiguïté des lieux ou le grand nombre des participants ou d´autres justes raisons ne s´y opposent. Ceux qui ne s’agenouillent pas pour la consécration feront une inclination profonde pendant que le prêtre fait la génuflexion après la consécration.

Là où il est de coutume que le peuple demeure à genoux depuis la fin du Sanctus jusqu’à la fin de la Prière eucharistique, et avant la communion quand le prêtre dit Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), il sera bon de conserver cette coutume.

Alors, « n’ayez pas peur de vous agenouiller devant Dieu ! Car adorer le Créateur ne diminue en rien l’Homme, mais lui restitue sa pleine dignité et humanité. » (Benoit XVI)

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