Avez-vous besoin d’un Sauveur ?

Avez-vous besoin d’un Sauveur ?

ÉVANGILE

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)

En ces jours-là,
parut un édit de l’empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
– ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinus était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth,
vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.
Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie,
qui lui avait été accordée en mariage
et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là,
le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers
qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs
pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit :
« Ne craignez pas,
car voici que je vous annonce une bonne nouvelle,
qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David,
vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né
emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »


HOMELIE

Avons-nous besoin d’un Sauveur ? Une question inquiétante dans notre monde peuplé de sauveurs de toutes sortes ! Depuis les arcanes de la politique, sans faire des noms, aux puissantes loges maçonniques qui dirigent les pays africains, aux vendeurs d’idéologies et de modes, de tout bord, aux richissimes footballeurs qui droguent les foules… Qui a besoin d’un sauveur ? Les pauvres ? Non, s’il n’amène pas de l’argent ! Les migrants ? Non, s’il ne conduit pas à l’eldorado ! Les jeunes ? Non s’il ne s’éclate pas ! Les riches ? Pas du tout, ils ont déjà leur Dieu ! La classe moyenne a-t-elle besoin d’un sauveur ? Non, elle est affairée à chercher des revenus ! Les scientifiques ? Mais non, ils n’ont plus besoin des fables du moyen âge !

À vrai dire personne n’a besoin d’un sauveur ! Tout le monde cherche son salut en ce qui le gratifie, en ce qui semble bon dans l’immédiat. À quoi bon continuer d’espérer quelque chose qui viendrait d’ailleurs ? Certains se confient aux gourous à la mode, d’autres se font les sauveurs d’eux-mêmes ; plus de place pour un Sauveur ! Dieu n’a qu’à changer de métier du moment que personne n’a plus besoin de lui !

Avoir besoin d’un Sauveur signifie prendre conscience de ses limites et accepter sa finitude. Avoir besoin d’un Sauveur signifie admettre à soi-même de ne pas pouvoir gérer sa vie tout seul ; avoir besoin d’un Sauveur, cela demande une bonne dose d’humilité, denrée rare de nos jours.

Et Noël revient avec cette annonce : aujourd’hui vous est né un Sauveur ! Un enfant, un nouveau-né, une créature sans pouvoir, sans puissance, sans argent, sans un poids politique, sans culture… Un enfant sans rien d’alléchant pour notre friandise de succès, de notoriété ; un enfant comme tout enfant totalement dépendent de ses parents. Et c’est lui le Sauveur !   Qui peut reconnaitre en cet enfant le Sauveur ? Seulement les simples, ceux qui ne cherchent pas le succès, ceux qui ont appris de la vie à pouvoir compter sur les autres, ceux qui sont ouverts et pas remplis d’eux-mêmes. Ceux qui ont perdu espoir, ceux qui sont malades dans le corps et dans l’esprit, ceux qui n’ont rien et qui n’attendent rien, ceux qui regardent au loin au-delà des choses périssables. Noël la fête de ceux qui ont le courage de se mettre en discussion, de ceux qui admettent leurs torts ; de ceux qui savent d’être coupables car personne n’est juste, à part Dieu.

Vienne, alors ce Noël pour tous ceux qui sont capables d’attendre, pour ceux qui gardent un sourire caché au-delà des souffrances, pour ceux qui ne se demandent pas beaucoup de pourquoi, mais qui ont les mains et le cœur ouverts.

Vienne, Noël pour les enfants des guerres, pour les malades terminales, pour ceux qui fuient la misère, pour les migrants classés demandeurs d’asile ou bien économiques, peu importe, c’est toujours un être humain qui vit en eux.

Vienne Noël pour ceux qui ne l’attendent pas, pour les distraits de la vie, les suffisants, des orgueilleux, les nonchalants, qui auront du mal à regarder cet enfant trop petit, trop nul. Qu’il vienne pour ces vendeurs de songes, pour tous les trompeurs du monde qui pensent être toujours à l’abri.

Viens Noël éclairer nos ténèbres, adoucir nos résistances, tempérer nos humeurs ; vienne la patience infinie de Dieu qui ne crains pas de se faire rien, comme nous sommes rien, pour nous apprendre à être hommes.

 

P. Bruno Favero – Omi

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